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Passerelles / Les cahiers / Numéro 4 - juillet 2009

La professionnalisation des formations universitaires : évidence ou mésalliance ?

Olivier Robert de Massy
Directeur Général du CFPB

"C’est un vrai pro" dit-on et c’est un compliment. Dans le même temps, le mot professionnaliser garde encore pour quelques-uns sa connotation péjorative. Devons-nous y voir un trait de notre héritage culturel qui nous amène à vouer une admiration, par ailleurs légitime, aux « amateurs », ceux qui agissent par amour de l’art ? Ne peut-on entendre « professionnaliser » comme apprendre et se former pour mieux vivre, y compris matériellement ?

Pour nous, professionnaliser, ce n’est en aucun cas agir au détriment de la culture générale et de la formation de l’esprit critique. C’est offrir quelque chose "en plus" à des jeunes engagés dans des filières universitaires dont l’issue dans l’emploi n’est pas assurée. C’est aussi reconnaître et valoriser les compétences acquises au cours de l’apprentissage d’une discipline et les compléter, en fin de cursus, par des savoir-faire spécifiques.

La formation continue ne peut pas tout. La formation initiale non plus.

Les jeunes le disent clairement : ils s’inscrivent à l’université par intérêt pour un champ disciplinaire mais aussi pour obtenir un emploi à la hauteur des efforts fournis. Les entreprises ont justement besoin de recruter des profils diversifiés et talentueux. Les universités, pour leur part, ont mis en place depuis plusieurs années des filières professionnalisantes. Et pourtant, nous constatons la persistance de deux phénomènes qui préexistaient à la crise que nous traversons : le taux de chômage particulièrement élevé des jeunes Français et, d’après une enquête européenne récente, un manque de confiance dans leur avenir que ne partagent pas les autres Européens du même âge.

L’enjeu de la professionnalisation est donc majeur : bien menée, elle devrait offrir des emplois de qualité à des têtes bien faites dans l’intérêt de tous. Les expériences menées avec succès sur le terrain en témoignent. Il manquait sans doute une reconnaissance et un encouragement au plus haut niveau qui facilitent la coordination d’initiatives jusque-là émiettées. C’est chose faite grâce au protocole que la profession bancaire vient de signer avec le ministère de l’Enseignement supérieur, par lequel les deux parties s’engagent à faire avancer ensemble la cause de l’orientation et de l’insertion des jeunes.

En unissant leurs énergies et leurs compétences, les partenaires donneront ainsi à la jeunesse les moyens de ses ambitions et à l’économie un indispensable «coup de jeune ».